Le 29 octobre 2026, les organisations de la société civile (OSC) et les forces de l’ordre se sont retrouvées à Bertoua, dans la région de l’Est. C’était pour un atelier stratégique qui renforce la lutte contre la criminalité environnementale au Cameroun. Il était également question d’améliorer le partage d’informations pour protéger la biodiversité.
Selon Alain Bernard Ononino, le Country Manager de WWF Cameroon, « l’organisation de cet atelier se justifie par les menaces qui persistent dans les paysages transfrontaliers du Tri-national de la Sangha (TNS) et du Dja-Odzala-Minkébé (TRIDOM) ». L’exploitation forestière illégale et le braconnage fragilisent les écosystèmes locaux. Grâce au projet IKI, les acteurs découvrent des outils innovants comme le mécanisme Arlet.
Cette synergie entre autorité et société civile permet de détecter plus efficacement les infractions. Les participants définissent des modalités de collaboration concrètes avec INTERPOL. Cet engagement garantit une meilleure sécurité environnementale pour les communautés.
Une alliance inédite pour la forêt
Philomène Djabou, représentante du délégué régional du ministère des Forêts et de la Faune (Minfof) à l’Est, rappelle « l’urgence de la situation ». « La criminalité faunique constitue aujourd’hui une menace sérieuse pour la biodiversité, la sécurité et l’économie », affirme-t-elle. Elle insiste sur le rôle crucial des acteurs de terrain : « L’action de conservation repose sur un partage efficace des informations entre la société civile et les forces de l’ordre. »
De son côté, Alain Bernard Ononino souligne « la rapidité d’action des trafiquants ». « Les réseaux criminels savent collaborer et le braconnier n’attend pas la fin de nos réunions », prévient-il. Il fixe ainsi les priorités : « Notre réussite se mesurera à notre capacité à bâtir des mécanismes de partage d’informations sécurisés et efficaces. »
Exploitation minière illégale et coupe clandestine du bois
Les panélistes dénoncent également les ravages de l’orpaillage et du secteur forestier informel. Viviane Modeste Mvele, CSO Lead Cameroon, dresse un bilan alarmant de l’activité minière illicite dans le paysage Tri-DOM. « L’orpaillage sauvage détruit les cours d’eau, pollue les sols au mercure et détruit l’habitat de la faune emblématique », alerte l’experte. Elle réclame « des contrôles accrus et des sanctions exemplaires contre les exploitants clandestins ».
Henri Mevah, coordonnateur exécutif de PAPEL, aborde l’exploitation illégale du bois. « Le sciage sauvage et le blanchiment de grumes saignent à blanc nos forêts communautaires », dénonce-t-il. Il appelle les communautés et les agents de l’État à renforcer la vigilance citoyenne sur le terrain.
Les acteurs locaux s’engagent à utiliser les nouveaux canaux sécurisés de signalement. Le WWF réaffirme son soutien technique et matériel auprès des OSC. Cette dynamique collective ouvre une voie solide pour préserver durablement les forêts du bassin du Congo.

