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Afrique : un fonds de 100 millions USD pour les projets carbone

En marge du Carbon Markets Africa Summit, à Kigali, du 13 au 15 octobre 2026, trois partenaires ont annoncé la création d’un nouveau mécanisme d’investissement appelé Africa Nature Impact Fund (ANIF). Il s’agit de Finance Earth, une entreprise de conseil et de gestion de fonds d’investissement à impact environnemental basée à Londres (Royaume-Uni), Financial Sector […]

En marge du Carbon Markets Africa Summit, à Kigali, du 13 au 15 octobre 2026, trois partenaires ont annoncé la création d’un nouveau mécanisme d’investissement appelé Africa Nature Impact Fund (ANIF). Il s’agit de Finance Earth, une entreprise de conseil et de gestion de fonds d’investissement à impact environnemental basée à Londres (Royaume-Uni), Financial Sector Deepening Africa (FSD Africa), une agence de développement basée à Naïrobi, au Kenya, qui œuvre pour que la finance contribue à l’avenir de l’Afrique, et FSD Africa Investments, un investisseur spécialisé dans le financement du développement qui accompagne les initiatives de développement de marché de FSD Africa sur les marchés du financement, des capitaux et de l’assurance en phase de démarrage. Selon ces trois partenaires, cette nouvelle plateforme cible les projets environnementaux et les crédits carbone issus de solutions fondées sur la nature.

Sur un budget estimé à 100 millions USD, le fonds vise un premier closing de 20 millions USD en 2027. Au terme d’un premier tour de table qui a eu lieu au Kigali Convention Centre (KCC) le 13 octobre 2026, FSD Africa Investments s’est engagé à hauteur de 5 millions de livres sterling, soit environ 6,6 millions USD.

Financer les projets avant les premiers crédits carbone

Les projets de restauration forestière, d’agroforesterie ou de conservation nécessitent des investissements importants.  Ils doivent financer les études, les autorisations, les dispositifs de suivi et les vérifications avant de vendre leurs crédits carbone.

Cette période sans revenus décourage souvent les investisseurs traditionnels. Le nouveau fonds entend financer plusieurs étapes, de la préparation initiale jusqu’au déploiement commercial.

« L’Afrique abrite un quart de la biodiversité de la planète, mais les projets fondés sur la nature à travers le continent rencontrent d’importantes difficultés pour accéder aux capitaux patients et équitablement structurés dont ils ont besoin », explique James Mansfield, directeur général de Finance Earth. Qui ajoute : « ANIF est conçu pour changer cela en finançant les projets de manière équitable et en développant des structures locales d’investissement et de gouvernance, afin que les actifs naturels africains soient financés par les institutions financières africaines. »

450 millions USD de retombées économiques pour les communautés

Le Fonds entend privilégier les projets qui partagent réellement leurs revenus avec les communautés locales. Il vise environ 450 millions USD de retombées pour les populations concernées.

À terme, la plateforme ambitionne de protéger ou restaurer 4,5 millions d’hectares. Elle vise également plus de 100 millions de tonnes de CO₂ équivalent évitées ou séquestrées sur la durée des projets.

Ces objectifs restent des ambitions liées au portefeuille futur. Leur réalisation dépendra des capitaux mobilisés, de la qualité des projets et de leur performance environnementale.

Pour Anne-Marie Chidzero, directrice des investissements de FSD Africa Investments, « les capitaux catalytiques sont particulièrement efficaces lorsqu’ils débloquent des marchés qui resteraient autrement hors de portée. » Elle précise que « le Fonds veut réduire les risques des projets de qualité et attirer davantage d’investissements institutionnels et locaux ».

Le Rwanda renforce sa finance durable

L’annonce de de la création de l’ANIF s’inscrit dans une dynamique plus large. Notamment dans un contexte où, pendant le sommet du 13 au 15 octobre 2026, le Kigali International Financial Centre (KIFC) a présenté la deuxième édition de la feuille de route rwandaise pour la finance durable.

Lancée le 15 octobre 2026, cette feuille de route prévoit 54 initiatives à mettre en œuvre d’ici 2030. « Elle vise notamment à préparer les entreprises à l’investissement et à développer les infrastructures financières liées au climat », indique Hortense Mudenge, la directrice générale du KIFC.

Le sommet des marchés carbone africains de Kigali a également souligné l’importance de la vérification indépendante et des bénéfices communautaires. A ce propos, Shikha Sharma, responsable technique mondiale des solutions climatiques chez SGS, a déclaré que « la validation et la vérification indépendantes jouent un rôle essentiel pour garantir que les crédits carbone représentent une action climatique mesurable et pour renforcer la confiance dans le marché »

Selon Maxwell Gomera, représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Afrique du Sud et directeur du Hub de finance durable du PNUD pour l’Afrique, « la prochaine étape consiste à transformer ces connexions en projets et transactions bien préparés, avec des droits communautaires et un partage équitable des bénéfices intégrés dès le départ ». Un véritable appel « à concrétiser les engagements ».

Le défi dépasse donc la simple collecte de capitaux. L’Afrique devra convertir ces annonces en projets crédibles, en réductions d’émissions vérifiables et en revenus équitablement distribués.

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