La République démocratique du Congo (RDC promeut le solaire pour accélérer l’électrification des activités minières. La demande des industriels stimule déjà les importations d’équipements et les investissements privés. En 2024, seulement 21,5% de la population congolaise avait accès à l’électricité. La Banque mondiale confirme un taux proche de 22,5%. Le pays vise toutefois 62% d’accès d’ici 2030.
Dans ce contexte, les importations chinoises révèlent l’ampleur du mouvement. Selon Ember, la RDC a importé pour 249 millions de dollars de panneaux solaires sur les douze derniers mois. Les achats de batteries ont atteint 429 millions de dollars américains (USD).
Kamoa transforme le solaire en énergie minière
Le complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, près de Kolwezi, illustre cette accélération. CrossBoundary Energy y a mis en service, le 12 août 2026, une installation de 233 MWc couplée à 526 MWh de batteries. Le dispositif fournit 30 MW d’électricité renouvelable pilotable au complexe minier. Il atteint cette performance avec une disponibilité annuelle garantie de 95%. « Ce que nous démontrons aujourd’hui, dès le premier mois d’exploitation, c’est que cela fonctionne », déclarait Richard Stanford, directeur technique de CrossBoundary.
Le projet a atteint son exploitation commerciale seulement 16 mois après la signature du contrat d’achat d’électricité. Cette rapidité renforce l’intérêt du solaire pour les industries confrontées aux contraintes du réseau.
Kamoa ne compte d’ailleurs pas s’arrêter là. Un deuxième accord conclu avec Green World Renewable Energy prévoit 30 MW supplémentaires. Cette phase associe également photovoltaïque et stockage par batteries.
Du besoin minier à l’électrification rurale
L’enjeu dépasse désormais les mines. Le solaire décentralisé pourrait ainsi devenir un outil majeur pour connecter les zones éloignées du réseau national.
La Banque mondiale estime qu’Inga 3 pourrait produire entre 2 et 11 GW. Mais la préparation et la construction du projet devraient s’étaler sur environ une décennie. Dans l’intervalle, les mini-réseaux et les systèmes solaires individuels offrent une solution plus rapide. « Le financement deviendra le goulot d’étranglement », avertit David Ekabouma.
Le Fonds Mwinda entend justement mobiliser jusqu’à 500 millions USD pour financer les systèmes solaires domestiques, les mini-réseaux et la cuisson propre. « Tous les bailleurs de fonds considèrent la RD Congo comme une priorité absolue en matière d’accès à l’énergie », souligne-t-il.
Le défi consiste désormais à transformer l’appétit des mines pour le solaire en marché durable. La RDC pourrait ainsi faire du déficit énergétique non seulement un problème à résoudre, mais aussi un vaste marché pour la finance climatique et les solutions énergétiques décentralisées.

